Un tour ne repose pas sur une habileté surhumaine mais sur trois ressorts connus depuis longtemps : la direction de l'attention, l'écart entre ce qui est supposé et ce qui est fait, et la construction du récit.
Le regard du public suit celui du magicien et le mouvement le plus ample. Un geste large d'une main couvre un geste discret de l'autre. La parole joue le même rôle : une question posée au bon moment détourne l'attention plus efficacement qu'un mouvement.
La plupart des tours sont déjà faits lorsque le public croit que rien n'a commencé, ou se terminent après le moment où il croit devoir surveiller. Cet écart temporel est le cœur du métier, bien plus que la technique des mains.
Ne jamais annoncer ce que l'on va faire, faute de quoi le public sait où regarder. Et ne jamais répéter un tour devant le même public, la seconde exécution offrant précisément la surveillance qui manquait à la première.